Le premier matin, sur la route qui longe Long Beach, on comprend vite pourquoi presque tous les voyageurs finissent par enfourcher un scooter à Phu Quoc. L’île est trop grande pour se limiter aux jambes, trop calme pour subir le chaos de Saigon ou Hanoi, et surtout trop belle pour ne pas s’arrêter où l’on veut, quand on veut. Louer un deux-roues reste la façon la plus simple et la moins chère de découvrir l’île, entre plages secrètes, villages de pêcheurs et petites routes bordées de cocotiers.
Mais avant de démarrer le moteur, quelques règles et réalités méritent d’être connues.
Faut-il un permis pour conduire un scooter à Phu Quoc ?
Légalement, oui. Tout deux-roues de plus de 50 cm³ nécessite un permis valide, et la quasi-totalité des scooters loués sur l’île (entre 100 et 160 cm³) entre dans cette catégorie.
Le permis international reconnu au Vietnam
Le Vietnam ne reconnaît que les permis internationaux délivrés dans le cadre de la Convention de Vienne de 1968. C’est un détail important : les États-Unis, l’Australie, le Canada ou la Nouvelle-Zélande appliquent la Convention de Genève de 1949, non reconnue ici. Les voyageurs de ces pays n’ont donc, en théorie, aucun moyen légal de conduire.
La plupart des pays européens — France, Allemagne, Espagne, Italie, Royaume-Uni — délivrent bien la version 1968. Un permis français combiné à un permis international valide, avec la catégorie moto (A1 jusqu’à 175 cm³), suffit donc à rouler en toute légalité. Un permis voiture seul ne couvre pas les deux-roues.

Les autres règles de circulation à connaître
- Casque obligatoire pour le conducteur et le passager
- Limitations à 40 km/h en zone urbaine, 50-60 km/h sur route ouverte
- Deux personnes maximum par scooter
- Toujours avoir sur soi permis, copie du passeport et carte grise du véhicule
Ce qui se passe réellement sur le terrain
Dans la pratique, la majorité des loueurs ne vérifient jamais la validité d’un permis. Une photo du passeport et une caution suffisent généralement. Les contrôles de police sont rares sur l’île, contrairement à des zones comme Ha Giang. En cas de contrôle sans permis reconnu, l’issue habituelle reste une petite amende sur place.
Le vrai risque n’est pas l’amende, mais l’assurance voyage : en cas d’accident sans permis légalement reconnu, elle ne couvrira presque jamais les frais médicaux, qui peuvent grimper très vite. Ce n’est pas une raison de renoncer à la location, mais un point à avoir clairement en tête avant de décider.

Routes et circulation : à quoi s’attendre
Les grands axes — le front de mer de Long Beach, la traversée de Duong Dong, la route de l’aéroport ou la voie côtière vers la plage de Sao — sont bien goudronnés et sans difficulté particulière.
Plus on s’éloigne des zones touristiques, plus les routes se dégradent. Vers le nord de l’île et les abords du parc national, certaines pistes en terre deviennent cahoteuses, voire impraticables après une averse. Pendant la saison des pluies, mieux vaut prévoir une marge de temps et éviter les pistes isolées avec un simple scooter automatique.
Côté circulation, Phu Quoc reste beaucoup plus paisible que Hanoi ou Ho Chi Minh Ville. Seule Duong Dong s’anime vraiment, surtout le soir près du marché nocturne. Deux réflexes à garder : ralentir sur le sable et le gravier près des accès plage, et surveiller les deux-roues locaux qui surgissent des ruelles sans prévenir.
Types de scooters et tarifs à Phu Quoc
Les prix varient selon la saison et la durée, mais voici les repères courants :
- Semi-automatique (Honda Wave, Yamaha Sirius) : 80 000-120 000 VND/jour — le moins cher, mais demande un peu d’expérience du levier de vitesse.
- Scooter automatique (Honda Vision, Air Blade) : 120 000-200 000 VND/jour — le choix le plus populaire, simple et confortable.
- Scooter automatique milieu de gamme (Honda PCX, Yamaha NVX) : 200 000-320 000 VND/jour — plus puissant, idéal à deux ou sur de longues distances.
- Vespa et modèles premium : 250 000-350 000 VND/jour — élégants, mais à réserver aux routes goudronnées.
Louer pour une semaine ou plus fait généralement baisser le tarif journalier de 30 à 40 %.

Où trouver un scooter fiable
L’hôtel reste l’option la plus simple, souvent avec livraison directe. Les boutiques indépendantes, concentrées le long de Tran Hung Dao Street à Duong Dong, offrent en général un meilleur choix et de meilleurs prix pour les locations longues. Avant de choisir, un coup d’œil aux avis Google Maps révèle rapidement l’état réel des bikes et le sérieux du loueur.

Cinq réflexes avant de démarrer
- Filmez le scooter sous toutes ses faces avant de partir : cela évite toute contestation au retour.
- Testez freins, phares, clignotants et pneus avant d’accepter l’engin — un scooter douteux se remplace facilement.
- Privilégiez la caution en espèces plutôt que de laisser votre passeport.
- Demandez la procédure en cas de panne, surtout pour les routes isolées du nord.
- Vérifiez le casque : un modèle intégral protège nettement mieux que le demi-casque standard. Manches et pantalon longs limitent aussi les brûlures en cas de glissade, même mineure.
Et si vous préférez ne pas conduire ?
Grab fonctionne bien sur l’île pour les trajets ponctuels, avec un prix affiché à l’avance. Pour les journées complètes ou les excursions vers le nord, une voiture privée avec chauffeur reste souvent plus confortable — et moins chère qu’on ne l’imagine — que d’enchaîner les heures de piste en scooter. Beaucoup d’excursions organisées, vers les îles du sud ou le parc national, incluent d’ailleurs déjà le transport.
Que vous choisissiez la liberté du guidon ou le confort d’un chauffeur, Phu Quoc se découvre avant tout par la route — et c’est souvent entre deux arrêts imprévus, sur un chemin de sable ou face à une plage vide, que le vrai voyage commence. Pour organiser le reste du séjour, notre guide complet de l’île de Phu Quoc rassemble plages, budget et itinéraires pour compléter la préparation.